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http://fr.youtube.com/watch?v=gWpm-BeLGQI&feature=related

Poésies 

 

La neige cette année avait déjà fondu,
Ses amoureux venus de lointaines contrées
En voyant son absence dans les vertes vallées
Partirent la chercher sur les cimes touffues.
Car on en découvrait tout un monde profus
Tant la poudre légère qui s’était déposée
S’amusait au soleil à venir scintiller
Pétillantes lumières courant par les talus.
La neige miroitait sur le bord des chemins
Comme si des étoiles saupoudrant les sapins
Y avaient allumés cent reflets colorés,
Tantôt rouge, orangé ou de vert et de bleu
Qui semaient sur nos pas des diamants majestueux
Joyaux étincelants sur des perles lancés
.


Il est des hommes forts qui aiment à cogner
Et loin quand on leur cède ou qu’on demande grâce
D’aller chercher ailleurs des lutteurs plus tenaces
Ils s’obstinent à battre même un homme à leurs pieds.
Et plus  le vaincu pleure, ou se met à saigner,
Plus redouble en leur cœur une rage vorace
Comme si les souffrances de celui qu’ils tabassent
Se changeaient à leurs yeux en jouissance effrénée.
Il est pour être grand deux sortes de moyens :
Soit grandir pour de bon, mais cela qui le peut ?
Soit se chercher des Nains et vivre parmi eux.
La Volupté ne dure qu’un moment incertain
A défaut de pouvoir vraiment le prolonger,
Il en est qui croient jouir à meurtrir et à tuer.
 
 
 
A Ninive Jonas, proclamait en marchant
« Repentir, Repentir où vous allez mourir !»
Quelle joie dans la ville, aussitôt que de rire !
En tout lieu c’est la fête, la musique et les chants.
Tout étonné Jonas leur répète en criant
« Repentir, Repentir ou vous allez mourir ! »
Mais partout c’est la liesse, jusqu’au roi tout sourire
Le serre contre lui et l’embrasse en pleurant .
« - Mais pourquoi, dit Jonas, tant de joie, tant de rire ? »
« - Crois-tu donc, dit le roi, que la vie soit si douce
Que nous la voir ôter, nullement nous courrouce ?
Grande joie que ton Dieu veuille nous voir mourir
Pour peu qu’il nous concède que ce soit aux souffrances
A l’angoisse et aux larmes qui font notre existence ».
 
 
Croit-on que d'être aimé nous en donne la flamme ?
Combien d'hommes chéris que j'avais adorés
Ne m'ont dit "T'es gentil, mais va te rhabiller"?
Non c'est la beauté seule qui inspire notre âme.
Qu'un homme offre un bijou pour l'amour d'une femme
Ne la croit-on tenue de le lui refuser ?
C’est même impolitesse de l’avoir proposé
L’intérêt de nos cœurs ne doit être un sésame.
Pourquoi tout à l'inverse dés qu'on parle de Dieu ?
Son amour en premier devrait nous en donner ?
Le cadeau de la vie enfin nous y porter ?
On dit que Jésus Christ le reflète à nos yeux,
Mais grand, mince ou petit nul ne peut préciser,
Comme si l'on devait même ne s'en soucier.
 
 
 
C’était un écolier qui s’appelait Jacob,
Le premier de la classe et de loin le plus sage
Les marmots dans la cour conspuaient son fayotage
« Regardez, disaient-ils, l’insolent qui nous snobent »
Mais voilà que piquée d’on ne sait quel microbe
La Maîtresse un beau jour voulant feindre la rage
Confisque ses bons points, supprime ses images
Et le colle au piquet en lui tirant les lobes.
« Comment moi, dit Jacob, le premier de la classe
Le meilleur, le plus sage et le plus méritant,
Sans bons points, sans images, puni, quoiqu’innocent ? »
De rire à ces propos fuyons la sombre audace
N’est-ce aussi ceux que Job tint à Dieu dans l’épreuve ?
Mais prions qu’aux méchants même le bonheur pleuve.
 
 
Les richesses du monde sont si vite passées :
Si je t’offre des roses, merveilleuses et belles
M’en voudras-tu beaucoup quand le temps de son aile
Aura terni le charme de leur éclat premier ?
Ainsi de la jeunesse on quémande un baiser
Et ce baiser demeure dans le cœur qui l’appelle,
Lui donnant un amour plein de fougue rebelle
Qui jamais n’oubliera son amant printanier.
Argent, gloire et beauté : tout peut t’être enlevé
Mais si ce qui te fut par la vie dévolu
Tu le donnes à d’autres, qui en sont dépourvus :
Par ces biens mensongers : cette fleur, ce baiser
Qui les fait se sentir un peu moins malheureux
Tu deviens pour toujours le visage de Dieu.
 
 
Dieu nous aime dit-on d’un amour plus qu’inouï
On jubile de joie pour la bonne nouvelle
Regardons de plus prés ce que l’on y recèle
Et comment cet amour vraiment se définit.
Prenons donc un enfant qui n’aime sa bouillie :
« Mange » lui dit son père « et vide ton écuelle »
« J’en veux pas ! » dit l’enfant plein de fougue rebelle
Et voilà sur le sol le souper qui finit.
Le papa, d’un amour plein de persévérance
Explique à son petit les bienfaits du menu
Et le lui sert demain tout aussi résolu.
Voilà comment de Dieu l’on entend la patience
Qui sans rien nous céder de ce que l’on voudrait
Nous ressert sans cesse ce dont on ne veut mais.
 
 
 
 
 
De Qi j’avais cent, c’est tout ce dont la Vie
Dans sa grande bonté voulut bien m’honorer

Mais brillais-je un peu plus au moins pour la beauté ?
De mes amants je crois ce n’était pas l’avis.
C’était « non » sans arrêt sinon des moins jolis
Prévoyant à la longue leurs refus obstinés
Je finis auprès d’eux à pleurer charité :
Face à la triste vie qui m’était impartie.
Ne saurait-elle un jour les rendre vieux et nus ?
Ainsi pour se venger de ce si mauvais tour
Ils pouvaient aux plus laids du moins faire l’amour. »
J’allais donc le chanter de tout cœur dans les rues,
Dont je fis dans la nuit mille affreux cauchemars
Qui n’y auront gagné que ce nouveau brocard.
 
 
 
Chanson

« Allons messieurs les plus beaux mecs

Faites l’amour aux moins joli(e)s
Ainsi venus les temps d’Echecs
D’autres mignons vous diront « oui ».
 
Car s’il ne vous plait de vouloir
En câliner de moins jolis
Vous coûte-t-il tant pour un soir
Mignons, de leur répondre « oui »
 
Et puis si beau que vous soyez
D’encore plus beaux le sont aussi
Alors comment les engager
Mignon à vous répondre « oui » ?
 
 
 
 
Mais pourquoi Seigneur Dieu, forcerais-je mes lèvres
A t’accabler encore d’insultes redoublées ?
Je ne veux les charger de te les adresser :
Je ne t’en dirais rien préférant rester mièvre.
Et d’ailleurs de mon cœur ne connais-tu la fièvre,
Ne vois-tu au-dedans sans que j’aie à parler
Les Colères secrètes qui te sont destinées
Chaque fois que la Vie, de ses grâces me sèvre?
Mais tous ces sentiments dont je suis parcouru
Ne puis-je  m’éviter de les avoir conçus
Ainsi d’en affliger mon cœur déjà blessé ?
Car toi-même à me voir d’un si triste acabit,
Enivré de remords d’avoir si mal agi
Qui sait si tu n’en es repentant et navré ?
 
 
 
Que diront les beaux mecs venus au temps des rides
Quand parfois sous leurs yeux passeront des minets
Mais le cœur tout rempli des dégoûts qu’ils avaient
N’y voyant que croûteux pleins de vices sordides ?
« N’étions-nous les premiers quand nous étions solides
Quand au loin l’on voyait des Vieux tristes et blets
Ou bien Ceux sans beauté que la vie malmenait
A passer sans un geste, orgueilleux et rapides ?
Ah si nous avions su la souffrance des Laids
Certes à nos Adorés nous serions bien allés :
Bien foutus et balaises que nous voulions aimer,
Mais aussi par tous ceux dont la vue nous blessait
Nous nous serions laissés quelques fois embrassés
Leur donnant par pitié de boire à nos Beautés».

 
 
 
Mais il est, je dois dire, deux voies d’aliénation
Par quoi tout ce qu’on pense, déclare ou accomplit
Nous est rendu tout autre que ce qu’on y a mis
C’est la psychanalyse et c’est la religion.
L’une voit des motifs cachés sous nos actions
Bien souvent tout contraire à ceux qu’on a suivis
Mais c’est la vérité qu’on la tienne pour dit
Seul espoir d’approcher un jour la guérison.
L’autre donne à nos actes des portées fabuleuses
D’un mot le bon larron s’ouvre le paradis,
Mais d'un mot le mauvais va tomber dans la nuit :
Croit-on qu’il ait voulu d’une fin si piteuse ?
Charybde d’un côté des causes qui nous hantent
Et de l’autre Scylla d’effets qui épouvantent !
 
 
 
Sur le trottoir l’abeille était à l’agonie
Pauvre insecte mourant, que tordait la douleur
Un coup d’œil suffisait pour saisir son malheur,
Tant son corps paraissait décharné, rabougri.
Je venais du marché mon caddie tout rempli
J’avais à quelque vieille mendiante à l’air voleur
Concédé une pièce de la moindre valeur
Résistant de justesse aux vœux de mon mépris.
Mais que faire Seigneur, pour cette malheureuse
Abréger d’un coup brusque ses affres douloureuses ?
Je ne pus m’y résoudre et à rien n'eus de coeur
Qu’à la prendre et poser sur l’herbe verdoyante
D’un jardin attenant : me disant que mourante
Elle aurait moins de peine si c’était près des fleurs.

 
 
 
 
Poème au manchot coupable
Si pour te suivre Dieu, l’on doit prendre sa croix
Je suis bien ennuyé n’ayant poutre à porter
L’une à l’autre en équerre par le haut rassemblées
Qui se puissent planter sur aucun Golgotha.
Des poutres j’en ai bien et je n’en manque pas
Mais au lieu d’être droites, elles sont recourbées
Faisant signe conjointes de notre nullité
De la tête à Toto, par un Zéro de bois.
Voici l’homme le pauvre de tout temps à suspendre
Au cercle misérable de sa médiocrité
Lamentable manchot toujours à s’accuser
Non, Jésus, tu ne peux un seul instant prétendre
Avoir rien partagé de notre pauvreté
Toi qui même à douze ans passais pour un surdoué.
 
 
 
Ma misérable Vie me tenait éveillé
Ne pouvant augmenter mon peu d’intelligence,
Ni me rendre plus beau ou de plus d’élégance
Qu’à ma vue quelque amant veuille enfin m’épouser,
L’Impuissante pouvait du moins mieux m’affliger
De sorte qu’au lit même malgré ma somnolence
Je tournais et virais d’insomniaques relances
Parvenant à échouer même à me reposer.
« Mais comment, dis-je à Dieu, me comporter devant
Ses deux viles putains : ma vie et sa puinée
Sa siamoise la mort dont je suis  angoissé ? »
Je songeais en mon cœur à tous mes beaux amants
Et quoique au grand jamais l’on ne se soit parlé
De leur dire « je t’aime » finit par m’apaiser.
 
 
 
Frappé d’étonnement face à ma connerie
Je ne savais que faire : de tout cœur je voulais
Insulter à la vie, à ce Dieu qui m’a fait
Les recouvrant tous deux des mêmes avanies.
Mais Dieu a tout prévu, gare à qui le maudit,
Car c’est un boomerang qui revient sans délai
Vous donner dans les dents de la même monnaie :
Puisqu’alors  on se coupe de l’amour infini.
Pourtant je lui ai dit : « Jésus ton paradis,
Sans l’amour des beaux Jules, tu peux te le garder,
Pour autant je ne veux courir à l’opposé :
Donne-moi d’en finir sans douleur de la vie
D’exister en ce monde jamais je n’ai voulu,
Mais toi si respectueux, pourquoi m’y forces-tu ? »
 
 
 
 
« Il faudrait, dit Jésus, détester note vie, »
Regardons nos ancêtres, disons du Moyen-âge :
Mettons-nous à leur place, je ne dis en servage
Sous le chaume et la paille des plus humbles logis,
Mais bien dans un château de grande Seigneurie
Au rang d’illustres princes, issus de haut lignage
Admirons les banquets de ces beaux personnages
Mais qui ne se torchaient qu’à leurs tapisseries.
Imaginons ici leurs plus grands médecins,
On crierait :  « Charlatans ! » Et pourtant ces vauriens
Faisaient la fine fleur des sciences de leurs temps.
Que dirons de nos vies les siècles à venir ?
Ils seront étonnés qu’on ait pu tant souffrir
Et jusqu’à nos bonheurs sembleront des tourments.
 
 
 
Plus je prenais de l’âge et plus ma vue baissant,
J’eus de mal en sortant à cerner les volumes.
D’une ville un beau jour, je battais le bitume
Quand je vis une rue que je crus tout d’un plan.
Or il est des affiches au milieu des passants
Qui montrent des modèles nus plus qu’il n’est coutume
Afin que sur leurs slips les badauds se consument :
Mais comment distinguer les vraies des fausses gens ?
J’y réfléchis longtemps puis convins de ceci
Qu’un homme un tant soit beau doit être une photo
S’il m’accorde un regard ou veut me dire un mot.
Car il n’est rien à craindre de nos marâtres  vies
Et ce n’est qu’en affiche au prix de maints millions
Que les hommes qu’on aime sourient à nos passions.
 
 
 
Quand j’entends proclamer quelqu’un l’air tout joyeux
« C'est la Bonne nouvelle du salut par Jésus ! »
Je m’en sens aussitôt déconfit et confus
Comme si tout mon cœur devenait malheureux.
J’y devine un Salut pénible et laborieux
Ce n’est qu’à nos mérites il soit en rien échu
C’est le prix de la foi unique et absolue
Mais on dit que la foi  se mesure au vertueux.
C’est un peu comme si quelqu’un venait me dire
« Te voilà milliardaire ! » s’empressant d’ajouter
"Pour peu que tu travailles jour et nuit sans faiblir."
Je préfère de loin qu’on me laisse à flâner,
Me donnant si je meurs que ce soit sans douleurs
Ni sans suite sinon d'embrasser mes beaux Beurs.
 
 
La nostalgie nous prend des époques passées :
« Ah quand j’étais enfant, tout semblait aller mieux
Et puis adolescent combien j’étais heureux
Mais qui sait désormais ce qui peut m’arriver ? »
Regardons la coquille d’un mollusque enroulée
Des cloisons la divisent en espaces curieux
Plus petits près du centre, mais plus grands et spacieux
Dés lors qu’on se rapproche de la bouche d’entrée.
On comprend qu’il s’agit des logis tour à tour
Occupés puis quittés par l’ancien animal
Avant qu’il ne s’en vienne à son lieu terminal.
Peut-être lui aussi, un peu plus chaque jour
Regrettait le passé, de ces lieux abolis
Dans l’idée qu’au moins là il était à l’abri.
 
 
 
 
 
Mais que puis-je donner à tous mes beaux chéris, 
Rugbymen aguerris au corps jeune et musclé ?
N’est-ce à eux d’accourir à mon cœur assoiffé
Me verser à grands flots tout l’éclat de leur vie ?
Accourez beaux pompiers dans vos camions surgis
Oui sur votre brancard je me vois transporté
Et là me recouvrant de vos tendres baisers
Que je boive aux raisins de la pure ambroisie.
Mais jamais vos sourires ne se voient qu’en photo
Et l’éclat de vos corps n’est pas pour un manchot
Qu'à d'autres vous gardez, heureux de m’ignorer.
Ah si quand je m’oublie sur vos images nues
Ce n’était qu’un reflet que toujours dans les nues
Je serai à vos lèvres digne de me donner.
 
 
 
A quoi bon m’emporter contre nos feuilletons
Qui nous montrent des hommes payés à s’entretuer ?
Cent fois pire nos rêves peuvent nous infliger,
Que les gangs dans la rue dont on craint l’agression !
Pourquoi contre la vie lancer l’imprécation ?
La vie ne s’en soucie et sait vous retourner
Dans les dents tout ce que vous lui reprocheriez :
Se taire vaudrait mieux, mais hélas le peut-on ?
Car je rate ou j’échoue sinon je balbutie
A quoi bon insister misérable fourmi,
Et m’en prendre à des dieux trop bons pour m’achever ?
Chaque jour aux plus pauvres, montrons-nous généreux
C’est marâtre nature qui en fit des miteux
Quelle joie si de rage elle en pouvait crever.
 
 
 
Face au constant mépris  de mes beaux bien-aimés
Après plus de trente ans à les prier en vain
Je ne dis de mon jouir comme eût fait un vilain,
Mais du leur et pourtant ils me l’ont refusé.
Je me tourne affolé vers mes romans passés,
De Travestis célestes venus de Cieux lointains
Pour enlever de Terre tous nos beaux inhumains
Qu’ainsi dans nos harems on s'en fasse embrasser.
Et je songe à des bandes de folles esseulées
Qui la nuit s’en prendraient aux Caïds des Quartiers
Leur volant des baisers au détour des buissons.
Mais le pauvre affalé qu’on tolère à mendier
Devient un Criminel s’il s’en prend au Banquier
Et la vie sans pitié m’agite ses prisons.
 
 
 


Je n’irais pas danser ce soir
Vis-ton jamais pompier m’aimer ?
En verra-t-on jamais m’embrasser
SI ce n’est bouche à bouche
Pour me sauver ?
Qu’ils se gardent leur bouche à bouche
Je n’irais pas danser au bal ce soir
Je n’irai pas au défilé
Vit-on jamais soldats m’aimer ?
En verra-t-on m’embrasser ?
Qu’ils se gardent leur défilé
Mais Dieu dans tout cela ?
Qu’il me donne d’en terminer
D’en finir de cette vie
De cette vie sans l’amour
Des hommes que je chéris
Des soldats, beaux pompiers
D’en finir sans souffrance
Sans angoisse, sans violence
Et surtout sans suite
Sans suite qui ne soit
De bonheur D’embrasser
Pour toujours
Mes soldats, mes pompiers.
 
 
 
 
 
Ma haine envers les dieux me vient des frustrations
Une chose semblait simple à réaliser
Et pourtant malgré tous mes efforts acharnés
J’y récolte l’échec et la déréliction.
Et j’ai beau me garder de la comparaison
Ne vois-je qu’à seize ans et sans trop se fouler
Certains vont exceller où en bien plus d’années
Je n’ai fait que glaner de trop vagues notions ?
De tout cœur j’aime un homme, pense à lui jour et nuit
M’épuisant à chanter sa beauté qui m’éblouit
Mais à peine il me voit et s’il me dit un mot
Il faudrait s’exclamer tout heureux de mon lot.
Les dieux lui ont donné succès de tous côtés
Et à moi l’art en vers de les en dénoncer.
 
 
 
L’on nous vante la Chine au fougueux dynamisme
Ses puissants gratte-ciels culminant orgueilleux,
Ses milliers d’industries à l’essor impétueux
Qui restent sans rivales pour le productivisme.
-Mais comment résister à cet impérialisme ?
La main d’œuvre pullule sans droits des miséreux
Qui permet de produire à des prix fabuleux
Voudrait-on s’en passer pour un vain humanisme ?
-Tout à fait ! Arrêtons désormais d’importer
Ces articles produits dans des conditions telles
Qu’on les dirait ici bassement criminelles.
Et tous les Politiques qui ne l’ont empêché
Me semblent mériter le titre de Complices
Que l’Histoire à jamais clame leur injustice !
 

 





Je pense au paquebot qu’on nommait Titanic
Aux récits qu’on en donne saisissant et fameux
On insiste à loisir sur son luxe fastueux,
Déplorant par contraste son destin si tragique.
Il est temps de briser tout ce faux magnifique :
Que faisaient la plupart à son bord si glorieux
Que bosser jour et nuit sous des ponts ténébreux ?
A charger des chaudières ou trimer pathétiques ?
En gros plan, l’on nous vante le lounge et les salons
Le fumoir, le gymnase, les spacieuses cabines
Mais ce n’est on le voit qu’alléchantes vitrines.
Peut-être le naufrage qui nous fait tant frisson
Pour beaucoup, la plupart, fut un soulagement,
Et que la catastrophe c’était leur vie avant.





LORDY
Perhaps if nobody speaks to me,
Do you allow it in order for me to guess
The gentle words you tell,
in silence to my ears,
So silent and so frail,
If others spoke to me,
I couldn't even guess.
 
Perhaps if no lips give my cheeks any kiss,
Do you allow it in order for me to guess,
The kisses endlessly you would make,
Everywhere upon me,
But hidden and concealed,
So secret in the air
If I was less alone,
I couldn't even guess.
 
And perhaps if no one, never phones, never calls,
Never comes in my place,
Do you allow it for me to believe and to think
That you are always there,
So mightier than all men,
So much more beautiful,
And  always by my side.
For suppose that they were,
By my side as you are,
All this hope then would seem,
So crazy, so absurd,
Whereas now it is
As the air that I breath."

La prière à Jésus de venir  nous aider,
Qu'il vienne à nos côtés, dissiper nos ténèbres
Nous donnant d'échapper loin des zones funèbres,
D'accoster au bonheur qui nous est destiné.
 De se dire incapable vraiment de se guider
Et de fuir au silence, d’écarter toute algèbre
Pour mieux lui demander par son nom qu'on célèbre
Qu'il nous prenne la main tout au long du sentier.
C'est comme des voiliers qui larguent leurs amarres
Ils s'avancent au large, on les salue du phare
A bord on tend les voiles pour qu'y souffle le vent,
Chaque fois qu'on demande à Dieu de nous aider,
L'on déploie une voile pour qu'il vienne y souffler,
Et l'on cingle en secret vers le jour sans couchant.


Tout était devenu, tellement compliqué,
Qu’on n’osait plus rien faire, hasarder un seul mot,
Dans la crainte aussitôt d’être pris pour un sot,
A chacun sa partie, à chacun son métier.
Le matin plus personne n’osait presque chanter,
Que ce fût dans son bain ou prenant son auto
Se sentant ridicule comparé aux vrais Pros,
Aux meilleurs de chanter, aux moins bons d’écouter.
Le soir dans son fauteuil on ouvrait la télé,
Admirant les exploits des sportifs attitrés,
Ne faisant qu’applaudir et les suivre des yeux.
Tout était devenu tellement compliqué :
Pourtant nul n’en riait, se sentant trop honteux,
Car pour rire il fallait, au moins faire HEC.


Le quatorze juillet, je fus chez les Pompiers,
Danser dans leur caserne, lors d’un bal de quartier.
Il faisait nuit et chaud : Il y avait des drapeaux,
Des rayons de lasers, le rythme du disco.
 De si près j'ai pu voir ces garçons beaux et forts :
Adossés sur les comptoirs, ils buvaient sans effort,
Certains d'entre eux dansaient, tout contre leurs amis,
D'autres menaient des filles, par la main dans la nuit.
  Je restais impassible. Soudain une clameur,
Comme un souffle viril, comme un chant de vigueur,
s’envola formidable de ces mâles seigneurs
  Dont je fus ébahi, stupéfié, comme ébloui.
Et voilà que ce chant me rejoint, aujourd’hui,
Et ce chant, par le monde, à présent retentit,




Il est des gens bien doués en force et en beauté,
D’autres qui dés l’enfance brilleront par l’esprit,
Qui seront musiciens, hommes de grand génie,
A qui tout réussit, qui n’ont qu’à se baisser.
La plupart, il faut dire, sont moins favorisés,
Ils doivent s’échiner, travailler jour et nuit,
Pour espérer produire jamais le moindre fruit :
Parfois la volonté finit par leur manquer.
  La nature est injuste, mais notre monde aussi,
Car s’il donne aux plus doués tout loisir d’avancer,
Il ôte aux moins chanceux tout moyen d’insister.
  Faudrait-il regretter la noblesse abolie,
Où si peu doués qu’on fût, l’on pouvait naître prince,
Et rouler en carrosse et régir des provinces ?





Le Paradis peut-être est un bal de pompiers,
Leur caserne un Olympe où l’on est transportés.
Accoudés à leur stand, ils se tiennent dispos
Et vous servent à boire, dans les mains de leur eau.
  Les pompiers sont des dieux au regard beau et fort,
Qui viennent vous aimer sans que même on l’implore :
Soulevée, dans leurs bras, votre vie refleurit,
Un baiser d’eux vous rend dignes de cent folies.
  Quand l’appel retentit de ce monde en labeur,
De quelqu’un qui sur Terre manque d’amour et meurt,
Le plus beau, le plus fort, le plus mâle seigneur,
  Lance  au loin de sa main la semence de vie :
A nos yeux les étoiles poudroyant dans la nuit,
C’est les anges partout semant la poésie.


Il fut un footballeur du nom de Zinédine,
Il n’avait son pareil pour envoyer au but,
Un ballon remporté souvent de haute lutte,
Talent, force et beauté, tout faisait qu’il fascine.
  Le public l’adorait plus qu’on ne l’imagine,
Tous les pays d’Europe, pour l’avoir en dispute,
S’arrachaient à prix d'or l'assaut de ses culbutes
Qui faisaient qu’une équipe ou s’efface ou culmine.
  La France grâce à lui championne du monde,
Les Français par millions d’une joie sans seconde,
Sur les Champs l’acclamèrent de cent mille ovations.
  La foule en sa passion le surnommait Zizou,
Et ce nom à sa vue résonnait de partout,
J’en étais enthousiaste et toutes les nations.



Vit-on jamais beau prince amant d’une bergère
Qui fût borgne ou bigleuse, replète ou disgracieuse ?
Non mais toujours si belle, si jolie, si gracieuse,
Qu’elle éclipse de loin les splendeurs plus princières.
  Vit-on jamais beau gars épouser chambrière,
Qui fût naine ou boulotte, trop maigre ou souffreteuse,
Ou jamais jeune femme se trouver amoureuse
D’un vieil homme chenu, sans argent ni carrière ?
  Voit-on dans nos cafés les fougueux rugbymen,
Offrir une parole aux beautés plus moyennes ?
Boire un verre avec eux, déjà c’est impossible,
  Sans parler d’espérer qu’ils nous soient plus sensibles.
Car il est plus facile de partir pour la Lune,
Qu’embrasser un beau Jules, en été sur les dunes.


 
 
La vie est une arène, où l’on est le taureau.
S’avançant sur le sable, adulés, applaudis,
Les banderilleros vêtus de broderies
Sont de ce monde fourbe les mille eldorados.
  Les échecs sont des piques qui vous percent le dos,
Et vous vous étonnez d’être toujours en vie
C’est qu’ils n’ont pour dessein que de vous rendre aigris
Afin que le combat en devienne plus beau.
  Picadors, toreros, tour à tour acharnés,
Manient les muletas rouges de cent refus
Révoltés vous luttez, indignés vous chargez
  Mais l’espada enfin porte le coup qui tue.
Ah que faire en ce monde si ce n’est d’appeler,
Au secours, Dieu à l’aide, viens, accours nous sauver.


poème des lys

N’y a rien de plus beau que les lys dans les champs
Du moins nous dit Jésus et Salomon lui-même
Dans l’éclat de sa gloire, malgré tous ses diadèmes
Devant eux ne serait vêtu que pauvrement.
  Mais s’il ne reste rien des fleurs de tous ces temps,
Par contre on voit toujours des grands rois les emblèmes
Les tenues d’apparat, les joyaux et les gemmes
Ou dans les mausolées le marbre des gisants.
  Pourtant c’est bien la grâce du lys évanescent
Dont le charme ne dure qu’un espace d’instant
Que rehausse Jésus au rang de don de Dieu
  De même la beauté des hommes plus radieux
Puisqu’elle aussi se fane dés la fin du printemps
Pourrait être Eternelle plus que tous les diamants.
 
 
  Nothing’s more beautiful than lilies in the fields
At least so said Jesus and Salomo the king
Despite all his glory, despite all his diadems
If compared to their bloom would seem but poorly dressed.
  But if nothing remains from lilies of these times
Yet we can always see the emblems of their kings,
Their gorgeous apparels, their jewels ans their crowns,
Or in mausoleums the marble of their tombs.
  But in the grace only of lilies in the fields
Whose the charm lasts no more than the shortest of times,
Does Jesus said he sees the touch and art of God.
  So the powerful charm of young and blooming men,
Since it too fades away as soon as the spring ends
In fact is eternal more than all crowns and gems..


Promenade au lac de Pramol

Je marchais sur la route me rendant à Pramol

Où s’étendait un lac à l’eau claire et limpide.

Autour de moi des mouches bourdonnaient intrépides,

M’entourant d’un essaim : plus que vivant symbole

Des tracas qui sans cesse chaque jour nous désolent

Je pouvais zébrer l’air de mon chapeau rapide,

De ces foules d’insectes voulant faire le vide,

Sous peu se reformait l’armée des mouches folles.

Ainsi dans notre vie : des soucis incessants,

De nos milles blessures et de tant de tourments,

La prière en silence nous libère et délivre.

A quoi bon s’assiéger de milliers de désirs,

Et passer ses journées au milieu des soupirs

Si jamais leur objet pour autant mieux se livre ?

Parabole du cuirassé

Tout comme un cuirassé : des  chasseurs à l’affût,

Surgissent des nuages en piqué le tenaillent.

Mais à bord les marins courant à la bataille,

S’empressent à leurs postes, aguerris, résolus.

Télémètre ajusté ! Ils chargent les obus,

A l’abri des blindages sous les coups qui tressaillent,

Ils pointent les cannons, ouvrant le feu, mitraillent,

L’ennemi qui détale, se retire confus.

Tout ainsi faisons tout pour atteindre l’amour,

Pourtant s’il nous décoche des traits pleins d’amertume,

N’allons pas nous enfuir de peur qu'ils nous consument.

Mais aux sombres mépris qu'on reçoit en retour

Aux refus acharnés qu'opposent nos amants,

Répétons : "Que je t'aime, mon chéri, chaque instant"

 

 

L’anti-méduse

Dans la mythologie on connaît bien Méduse

Sa vue même un moment vous aurait pétrifié,

On sait moins que son sang pouvait ressusciter

Les morts et les mourants pour peu qu’on leur infuse.

On dit que l’impudente, la Gorgone camuse,

Avec sa chevelure de serpents hérissés

Même avec Athéna disputait de beauté :

Persée pour l’en punir de la tuer sut la ruse.

Tout ainsi les beaux hommes, fascinants nous obsèdent

Un mot d’eux l’on vivrait, ils ne nous le concèdent

Et du coup à leurs pieds l’on tombe pétrifiés.

Mais tout à l’opposé Dieu sait nous relever

Son excès de beauté nous rendant merveilleux,

Et rassasiés d’amour tout autant qu’amoureux.